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| Ça se gâte ! |
Un petit point surgit des montagnes derrière
nous. La montgolfière "Master Card" nous suit. Elle doit être
à 3 km environ.
Vertical Montreux, cap 272°,49km/h : nous enregistrons notre position
sur le GPS et reportons sur la feuille de route les coordonnées ainsi
que l'heure.
"Fox Hotel, nous n'avons pas d'écho transpondeur, vérifier
l'affichage et faites ident".
La petite lumière du transpondeur a l'air de fonctionner mais le contrôle
de Genève ne reçoit aucun signal.
Gaël vérifie tous les branchements, place la batterie de rechange
que nous avions mis à l'abri dans un sac isotherme chauffé.
Pendant ce temps , je grimpe vers le niveau 165 (4950 mètres). J'actionne
la manette du brûleur. Un grand "psssschhh" me fait lever la tête.
Plus de flamme ! Après un moment de suspension dans un silence inquiétant,
le ballon commence à descendre."Clic, clic, clic". J'actionne
le piezzo qui ne veut pas rallumer la veilleuse.
Les
gestes rapides arrachent 1 tuyau d'oxygène. Gaël saute sur la
radio pour avertir Genève. Je surveille l'enveloppe . Il ne
faut pas qu'elle se déforme trop. Je sors de ma poche une allumette
de sécurité et l'allume. Rien.
Le ballon tourne sur lui-même. Nous sentons l'air de la descente.
Re-piezzo. Enfin le bruit rassurant de la longue flamme. Nous n'avons
perdu que quelques centaines de pieds mais maintenant le contrôle
de Genève inquiet nous demande de nous poser. Le transpondeur ne fonctionne
toujours pas.
Apparemment, Benoît et Christophe ont le même problème de transpondeur
que nous. Et Genève leur donne les mêmes instructions : atterrir.
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| «...précedent |
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| Le rêve s'envole |
Nous sommes au milieu du lac au sud de Lausanne.
Impossible de se poser là. Nous volons depuis plus de deux heures
et 3 têtes d'épingles apparaissent dans le ciel à l'Est: les ballons
des autres concurrents loin derrière.
Ils viennent d'obtenir l'autorisation de Genève de monter jusqu'au
niveau 195.
L'espoir de voler vers une victoire s'est envolé. Nous sommes déçus
mais c'est le jeu. Nous prenons enfin le temps d'apprécier le vol.
Au dessus de la mer de nuage, le Jura enneigé approche. Saint-Cergue,
puis la descente vers les Rousses où nous posons le ballon après 2h50
de vol et 98 km parcourus.
Benoît et Christophe atterrissent un peu plus loin. Alors que notre
équipe de récupération nous rejoint, nous voyons passer à la verticale
les 3 ballons haut dans le ciel bleu.
L'allemand Hans Kordel remporte l'édition 2000 de cette Coupe David
Niven avec 247 km. Ce que nous avions prévu. Bravo !
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| La fête continue |
La semaine de Château d'Oex est un rendez-vous
que les aéronautes du monde entier apprécient particulièrement. Plus
de 100 équipages du monde entier s'y retrouvent chaque année depuis
20 ans.
Certains ont des yeux ronds devant les meringues à la crème double,
d'autres hantent les boîtes de nuit, mais tous sont là pour partager
des moments de bonheur en vol.
La vallée encaissée permet de faire des vols en "boîte", c'est
à dire de partir dans un sens pour revenir à une autre altitude se
poser sur le terrain de départ après avoir taquiné les sommets.
C'est aussi un lien où on rencontre des gens passionnants. Assis dans
la salle de briefing parmi les autres pilotes, un Brian Jones, modeste
et souriant. Avec Bertrand Piccard et toute l'équipe du Breîtling,
ils nous ont fait revivre avec émotion leur fabuleuse aventure aérienne
lors de la projection du film sur le tour du Monde.
La neige commençait à tomber après le vol du samedi matin. Nous allions
rentrer après avoir replié.
Devant un grand chalet. Un gars nous fait signe. On y va. Dans la
grange ouverte sentant bon le foin, Julien Fath et ses copains ont
disposé sur les bottes de paille un pique-nique royal.
-"Goûtez-moi ce pâté, il est fameux".
C'est aussi ça l'aérostation.
Jean Donnet |
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