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Depuis
quelques temps l'idée d'un grand voyage avec le ballon me traversait
l'esprit, lorsque me vient cette invitation d'un ami pilote, Pierre
Blaser : un safari pour survoler la Birmanie.
la décision est vite prise d'autan que Jean-René Mestre, jeune
breveté, se propose immédiatement pour partir à l'aventure avec moi,
d'une confiance aveugle probablement car je fus son instructeur.
6 ballons sont donc les heureux élus : 2 suisses, 1 allemand, 1 américain,
1 alaska, et "la Belle Verte" seule montgolfière française,
que j 'ai le plaisir de pouvoir piloter en Asie, peut-être pour rappeler
les origines de cet engin volant, bien que certains pensent que les
chinois en ont été les précurseurs.
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| Premier contact avec Rangoon |
Le 14 janvier 2000 a lieu ce départ vers un
autre monde pour lequel nous nous sommes préparés avec guides et livres
officiels ou alternatifs.
En effet, cette destination qui commence à s'ouvrir au tourisme n'est
pas sans controverse. Je ne souhaite pas faire le jeu des militaires
au pouvoir, ni paraître pour un étranger sans respect pour cette population
opprimée.
Pour autant, les intentions de Pierre me rassurent, c'est peut-être
pour çà que nous sommes tous deux "ballonistes". Sa langueur suisse
et sa diplomatie en font un excellent manager pour notre groupe.
Les montgolfières sont arrivées depuis une dizaine de jours mais avant
de nous jeter dans nos nacelles, il faut accepter de négocier encore
une fois, mais face à face, avec la "DGAC"' du "Myanmar".
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Ce
gouvernement a débaptisé les villes et le pays comme pour faire oublier
ses massacres et ses violations des droits de l'homme. Côté
français nous sommes bien vus, à l'instant je me sens presque coupable
d'avoir la sympathie de ces gens bardés de barrettes multicolores.
Notre premier contact avec Rangoon est plein d'émotion, un accueil
chaleureux de la population et des odeurs de santal mélangées à des
restants d'une saison des pluies déjà loin, nous font apprécier le
soleil intense sur cette capitale. Notre guide, tout en mâchant
une feuille de bétel, nous rappelle qu'ici les universités sont fermées
depuis 1988.
Ici nous ne volerons pas, la grande esplanade de la pagode Shwedagon
nous est refusée. Qu'à cela ne tienne, nos ballons prennent le chemin
du lac Inlé où nous allons faire nos premières armes avec l'aérologie
birmane.
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| Mieux que Nicolas Hulot |
Nous
logeons à Nyaung-Shwe en pays Shan, au bord du lac mythique des Inthas.
Ce peuple lacustre vit dans des maisons sur pilotis dont l'architecture
symbolise l'organisation du monde.
Tout obéit à des règles strictes, sociales et religieuses, et cela
depuis plus de 600 ans. Les inthas pagaient debout avec leur jambe,
sur leur incroyable pirogue en teck. Ils cultivent des jardins flottants
tout au long de l'année qui sont la richesse maraîchère de la Birmanie.
Vus de dessus, ce ne sont plus que des spaghettis verts allongés côte
à côte ! Nos ballons se gonflent de joie de pouvoir survoler tant
de merveilles.
Le vol que nous garderons pour "grandiose" est celui du 19 janvier
avec un décollage à 40°C, après un transport du matériel
en pirogue. |
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